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Des usages récents... sources d'attachementCes bâtiments n'ont pas seulement servi à leur propriétaire. Leur situation éloignée du village en faisait un refuge pour bien des personnes.
Parmi les "utilisateurs clandestins" se trouvent les vagabonds et les marginaux. Ces gens "qui faisaient la route" appréciaient les maisons de vigne surtout l'hiver car ils y étaient au moins à l'abri des intempéries. D’ailleurs, dans la Nièvre, un arrêté préfectoral de 1970 impose la destruction des cabanes de vignes, afin d’éviter qu’elles ne se transforment en squats. Plus cocasse est l'occupation de ces bâtiments par des générations d'amoureux. D'ailleurs, quelque soit le vignoble, ce sont toujours les histoires sur les amoureux qui reviennent le plus vite dans la mémoire des personnes interrogées. Les cœurs que l'on trouve de temps à autre sur les murs en attestent.
Ce rôle de refuge, de cachette, a aussi eu de l'importance pendant la deuxième guerre mondiale, notamment à proximité de Bléré (Indre-et-Loire) où se trouvait la ligne de démarcation. Par exemple, on utilisait les maisons de vigne pour cacher les armes larguées pendant la nuit, en attendant que les résistants les récupèrent. Par ailleurs, au milieu de la guerre, des colonnes de trois à quatre cents prisonniers partaient sur les routes pour rejoindre le camp de prisonniers d'Amboise. Il arrivait qu'un prisonnier réussisse à plonger dans un fossé au détour d'un chemin sans que les gardes ne s'en aperçoivent, puis rejoigne une maison de vigne où il pouvait se changer. Il en sortait habillé en paysan, et partait avec un outil sur l'épaule pour franchir la ligne de démarcation sans attirer l'attention.
Au delà de ces exemples anecdotiques, on peut admettre que les cabanes de vignes ont joué un rôle social important. Servant d'abri, c'était un lieu où l'on prenait le temps de se parler et d'apprendre à se connaître en attendant la fin de l'averse ou pendant le repas. Pour les non-viticulteurs qui avaient eux aussi un carré de vigne, pour leur consommation personnelle, c'était un lieu où l'on se retrouvait en famille. Les adultes s'occupaient de leur vigne pendant que les enfants jouaient à attraper des corneilles en mettant de la glu sur les piquets ou tiraient les étourneaux au lance-pierre. Les dimanches d'été, toute la famille y pique-niquait, ou y venait au moins manger un gâteau dans l'après-midi. Aujourd’hui, on reconnaît ces cabanes de vignes « de villégiature » à leurs ornementations ou au jardinet qui les entourent.
On comprend alors pourquoi certaines personnes sont très attachées à leur cabane de vignes. On raconte même qu'une famille qui avait sur sa propriété une jolie maison de vigne ressemblant à un château, ne voulut pas s'en séparer lorsqu'il s'est agit de déménager. Ils la démontèrent alors pierre par pierre pour la reconstruire sur leur nouvelle propriété.
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